Indigènes en voix d’extinction…

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Elles sont nés l’été 2014, à Djerba, en Tunisie. Elles ont rassemblé des indigènes du village Erriad, plus communément appelé Hara Sghira et des artistes de plus de trente nationalités…

Nos indigènes en voix d’extinction ont crée un tel engouement, qu’elles ont fait l’objet de plus de deux mille articles de presse à travers le monde. Le New York Times, et tous les grands titres mondiaux ont publié un article sur ces indigènes. Ces indigènes sont des œuvres d’art. Celles de Djerbahood. Trois ans après, elles sont en voix d’extinction…

 

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En 2014, Mehdi Ben Cheikh, galeriste franco-tunisien d’art urbain et contemporain, lance un appel à des artistes street-art du monde entier. Mehdi les invite à exprimer leur art sur des toiles urbaines pas comme les autres: les murs des maisons de Hara Sghira, des maisons typiques djerbiennes dans un décor des plus authentiques . Plus de cent artistes répondront présents à l’appel de Mehdi. Les habitants de Hara Sghira accueillent le projet avec enthousiasme. Très vite, des liens se créeront entre les artistes et les habitants du village Erriad. Djerbahood voit le jour.

Trois ans après, je découvre pour la première fois les œuvres en grandeur nature. Les enfants qui ont vu naître les indigènes des murs du village en 2014 racontent : « c’était vraiment génial. On était tout le temps avec les artistes». J’admire les oeuvres que je découvre au fil des ruelles du village. Jusqu’à présent, je n’avais jamais fait l’expérience d’un mariage aussi atypique entre traditions et modernisme. Quelle brillante idée! Quel challenge de convaincre les habitants du village d’investir leurs murs d’une telle manière! Quelle expérience pour ces artistes du monde!

 

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Salah et Baha guident les touristes à travers les ruelles de leur village et montrent les œuvres qui tapissent les murs avec beaucoup d’entrain. Les enfants connaissent le nom des artistes pour chaque œuvre. Ils partagent avec beaucoup de nostalgie leur souvenir du chantier Djerbahood. Ils disent avoir partager des repas avec les artistes. Certaines œuvres restent intactes. D’autres, s’écaillent. Certaines ont été recouvertes de peinture car les habitants ont estimé que l’œuvre d’art vieillissait mal.

 

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 Les indigènes de Djerbahood sont en voix d’extinction et les enfants de Hara Sghira espèrent du fond du cœur qu’un beau jour, ce grand chantier artistique, reprendra vit. Ils espèrent revoir leur quartier calme, vibrer de nouveau au rythme des bombes de peinture. Baha me dit, tout sourire « Dis à Mehdi Ben Cheikh que nous l’attendons. Dis lui que les œuvres disparaissent. Je sais qu’ils reviendront ! »

Aujourd’hui, Djerbahood occupe la troisième position des attractions nationales, à visiter, après le site d’El Jem et le musée du Bardot, dans le classement Trip Advisor .

 

 

Un commentaire

  • jeannet

    Sublime article!
    L’Art est présent partout même dans les villages.
    J’espère un jour relire un article avec le retour des artistes a Hara Sghira.

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