Indigene du stah (le toit en arabe)…

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L’Eté. Mon enfance. La Tunisie. La Chebba. Le stah de la maison de mon père. Seule. Ou avec mes sœurs et mon frère, mes cousines et cousins. Une vue sur le jardin de mon père. La mer morte. Le vent. Ici, on peut arrêter le temps. On peut respirer profondément. L’unique endroit où l’on peut échapper à la pollution sonore des habitants de la maison.

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Mais c’est ici aussi, que l’on rassemble les proches. Ibticem, ma soeur, et son mariage traditionnel, sur le stah. La maison de mes parents à Hammamet. Mes oncles partageant le micro et chantant « Sert el hob » d’Oum Kalthoum. C’est là qu’ils chantent la nostalgie de leur enfance. C’est ici que l’inquiétude laisse place à l’insouciance. Le rire de maman. Ma Grand-mère, Emna, dansant avec son autre moitié, Fatma, mon Isma. Donia, ma petite soeur, sur qui je garde un œil protecteur, jouant avec les autres enfants de la famille.

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Le stah est l’endroit où l’on se sent libre. L’endroit où l’on prend de la hauteur. Là ou l’on peut échapper aux conversations stériles. Aux débats familiaux. C’est aussi d’ici que l’on peut tout entendre, sans prendre part. Le seul endroit où l’on peut avoir une conversation privée avec le coucher du soleil. L’endroit où l’on partage tous nos secrets. L’endroit où l’on a pas besoin de justifier notre silence. Le stah est définitivement l’un de mes alter ego préférés de la ville, en Tunisie.

 

 

Je me sens à la maison à Djerba, dans la houma sghira. Le stah de Dar Ennour offre une vue exceptionelle. Dar Ennour est une jolie maison typique Djerbienne où l’on prend le temps d’apprécier les choses simples de la vie. C’est sur le stah que je commence mes journées. C’est bon de se sentir à la maison. Le stah est l’endroit où je prends le temps de comprendre ce que je ressens. Je prends le temps de me déconnecter des pensées parasites pour focus sur l’essentiel.

Le stah est l’endroit où l’on a le pouvoir de prendre le pouls de tout le quartier. On capte le rythme de la houma (la quartier) et ses indigènes. Le stah est l’endroit où mes rêves sont plus grands, plus audacieux, plus réels. Je pourrais rester ici pour toujours.

 

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Mais pour le moment, je dois descendre. Baha et Salih, mes indigènes préférés de hara sghira, les enfants improvisés guide de Djerbahood, que vous avez probablement croisé dans mes vidéos instagram, m’attendent. Ils prévoient de me faire découvrir leur belle houma, et partager avec moi toutes les histoires des indigènes que nous allons rencontrer lors de la visite. Ils me parleront de l’expérience de Djerbahood, qui a eu lieu en 2014 et qui a marqué leur esprit. Je sais que je vais passer un super moment avec eux.

 

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Je retrouverai le stah dès mon retour à la maison pour le coucher du soleil.

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3 commentaires

  • Fred

    Magnifique! On arrive à imaginer les beaux moments passés en famille, l ambiance, la joie, les rires,…

  • jeannet

    Bravo Imen pour cette belle page sur le stah.

    On prend place à tes côtés quand on te lit et c’est juste super.

    Magnifique article.

    Gwladys

  • khawla haloues

    félicitations imen pour la page et spécialement cet article.
    ca m’ a emporté 20 ou 25 ans en arrière quand j’avais 10 ans et que j’attendais mes cousines rentrer de paris pour partager avec elles les soirées au  » stah »
    bonne continuation

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